Chevaux de randonnée pieds-nus, le pari audacieux des hipposandales en faveur du bien-être équin

Avec leur look un peu futuriste, les chaussures de nos chevaux attirent l’œil et attisent la curiosité à chaque sortie en randonnée. Si les néophytes saisissent rapidement tout l’intérêt de ces fers d’un genre nouveau, le poids de la tradition rend les cavaliers souvent plus sceptiques.

On est facilement catégorisé avec les extrémistes de l’équitation naturelle, n’ayons alors pas le malheur d’ajouter que nous utilisons également les concepts de l’équitation éthologique au quotidien…

Mais si nous ne sommes pas des apôtres, nous sommes en revanche toujours en quête de solutions pour améliorer le bien-être de nos compagnons équins, et par voie de conséquence, le notre et celui de nos cavaliers.

Le concept nous séduisait beaucoup depuis plusieurs années mais nous paraissait difficilement applicable à un contexte professionnel, à des pur-sang et à un usage intensif en randonnée. Nous avons donc analysé ces différents paramètres et admis que c’était certes très audacieux, mais finalement pas si fou. Nous nous jetons donc à l’eau cette année.

Les chevaux pieds-nus : un idéal de bien-être équin

Nous ne rentrerons pas dans les détails techniques et vous laissons le loisir de consulter une littérature abondante sur le sujet, mais pour résumer, laisser le cheval pied-nu a plusieurs avantages majeurs en termes de bien-être.

L’écrasement du pied, la fourchette étant au contact du sol est indispensable pour amortir l’impact généré par les déplacements.

Le pied a également un rôle majeur dans le système cardio-vasculaire du cheval (il en est de même pour les humains !), l’écrasement du pied permettant le renvoi du sang des pieds vers le cœur.

Le fer encadrant fermement le pied (voir très fermement si les ferrures ne sont pas renouvelées de façon optimale) dans une structure rigide et le surélevant, laissant une surface minime du pied au contact du sol, gène ces rôles essentiels du pied. Il contraint également les articulations des membres à absorber les impacts répétés, ce qui peut occasionner des traumatismes.

Mais alors pourquoi fer t’on les chevaux ?

Traditionnellement, pour protéger le pied d’une usure excessive liée à l’utilisation du cheval pour des activités humaines principalement.

D’autres raisons peuvent être évoquées et sont sujettes à débat, mais tenons-nous en à cette évidence, les sabots d’un cheval fraîchement sorti du pré (ou pire du box) ne supporteront pas l’effet abrasif du goudron en randonnée ou d’une piste en sable à haute vitesse, ni les pincements des cailloux sur une sole tendre. Ceci est particulièrement vrai dans notre chère Normandie, où les pâturages sont extrêmement humides et le sol tendre, ce qui n’est pas pour durcir naturellement la corne.

L’hipposandale, un compromis réaliste pour la randonnée

Il est vrai qu’il n’est pas impossible d’obtenir des pieds-nus aptes à la randonnée, même en Normandie, ni même sur des pur-sang.

Cela nécessite en revanche une implication totale, des sorties en main très progressives, des investissements majeurs pour aménager les prés avec des surfaces dures et abrasives et beaucoup de temps. Ce qui est éventuellement possible pour un particulier dévoué à cette cause, ne l’est objectivement pas pour un professionnel nécessitant une cavalerie fonctionnelle. Nous n’avons donc pas en tête cet idéal. Ceci-dit, nous pouvons quand-même tendre vers cela grâce à un compromis réaliste, l’hipposandale.

Les chevaux sont ainsi pied-nus en permanence, au pré, à la plage et en carrière, et ne sont protégés que quand cela est rendu nécessaire par le terrain : en randonnée.

Le grand intérêt est ainsi de pouvoir mettre et enlever ces protections selon les besoins pour laisser le pied fonctionner naturellement le reste du temps. C’est déjà un avantage énorme qui justifierait à lui-seul leur utilisation, à condition qu’elles soient convaincantes en action sur le terrain et utilisables dans notre contexte de randonnée, l’équivalent d’une bonne paire de chaussures de marche ou de course tout-terrain en somme.

C’est évidement le cas pour que nous soyons aussi enthousiastes et nous ne manquerons pas de rédiger prochainement un article détaillant les avantages (et les quelques inconvénients) que nous avons pu constater sur le terrain.